JEP 2020

PLAN DE LA MÉMOIRE DE MAISON BLANCHE

ABÉCÉDAIRE DU PLAN

VIDÉO D'AIMÉE LEBEAU 2017

AIMÉE LEBEAU interviewée par ODETTE WAKS , 2017

VISITE VIRTUELLE DE MAISON BLANCHE à commenter...bientôt ?

VAD virtuelle , en chantier, de MAISON BLANCHE

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LÉON HABER "Journal d'un malheureux comme tant d'autres",éditions Intermittences Perpignan, 1978, extraits lus par Théophile Choquet,19 septembre 2020

 ANDRÉE à Maison Blanche , années 50, photo retrouvée , texte alentours de Dominique Diatkine-Follin

ANDRÉE déguisée dans le jardin du pavillon de Maison Blanche où vivait la famille du Dr Follin, années 50

C’est une photo qui surgit à la faveur de ces classements, rangements, tris qui nous occupent en ces temps de confinement. Celle-ci revient de loin et s’impose à moi. Oubliée et immédiatement identifiée, voici Andrée photographiée dans le jardin du pavillon que nous occupions à Maison-Blanche, le premier à gauche à côté de l’arrêt d’autobus pour le « château de Vincennes », la porte ouvrait sur une esplanade fermée au fond par les larges grilles de l’hôpital. Ces maisons spacieuses étaient mises à disposition du personnel médical et administratif. Andrée ? Oui, la « malade », l’aide- ménagère disponible, autorisée à sortir du quartier pour passer une partie de la journée dans cet autre pavillon, familial celui-là et y effectuer quelques travaux ménagers. Adolescente à l’époque, j’ai commencé à m’interroger sur ces pratiques étranges mais admises de tous, des malades travaillant. Il en était ainsi, certains quartiers portaient cette appellation, « travailleurs (euses) »; mon père m’expliqua le rôle du pécule. Notre maison confortable mais sans grâce, recouverte d’un crépis gris, rouge foncé aujourd’hui, était entourée d’un jardin se prolongeant à l’arrière par un potager et un poulailler, également quelques arbres fruitiers comme en témoigne ce cliché photographique où Andrée se tient devant un arbre en fleurs dans une ambiance hivernale. Un cliché pris alors qu’elle revient d’une fête dans le service où elle est internée. Je m’interroge sur l’habit : serait-ce un déguisement de carnaval ? C’est possible, nous sommes vers la fin de l’hiver, ou bien, un costume de théâtre, une représentation a pu être donnée dont il ne reste pas traces. Andrée, je la vois dans les pas de ma mère qui la guidait dans différentes tâches. C’était une femme petite à la voix rauque demandeuse de contacts, d’échanges faisant des commentaires sur tous ses gestes ou activités. Avec la chienne présente sur la photo, ce qui me permet de la dater (1955-56), elle entretenait une relation simple et sympathique. Cette image me surprend et me touche car si je la reconnais sans ambiguïté, elle m’apparait sous un jour totalement différent de celui je lui connaissais si bien, dans sa jupe ample grise ou bleue presque noire, fournie par l’hôpital, le visage encadré de cheveux bruns coupés au carré, maintenus par une barrette enfantine. Une femme sans âge, dans une époque non identifiée pouvant aussi bien se situer 30 ans auparavant quand les malades internées portaient les mêmes effets, offraient la même vision. Il n’y a pas de mode à l’hôpital psychiatrique. Il m’apparait que l’intérêt de ce portrait est dans une singularité qu’il rend à cette personne, il individualise une femme au regard droit sur l’objectif ni fier ni gêné. Je l’imagine satisfaite, elle a dû accepter avec plaisir la proposition de ma mère de faire ce portrait, désireuse qu’elle était de se montrer ainsi, toute autre, dans ce costume très certainement confectionné dans l’atelier de couture de Maison-Blanche. Il reste l’énigme d’un habit un peu disparate, une collerette très blanche évoque un Pierrot, une blouse aux manches bouffantes sur un pantalon, et cette coiffe, sorte de shako militaire à plumet... Le mystère demeure.

EXPOSITION PHOTOS D'OLIVIER GIACHINO